Actus 21 Fév - Écologie

Le coton bio, on en dit quoi ? 

Je ne sais pas exactement pourquoi mais dès qu’il y a le mot “bio” on a tendance à faire confiance. Le coton bio c’est pareil. A priori quand H&M lance sa gamme conscious avec son label “coton bio” on fait plus confiance. Alors coup de génie dans les départements de création ou énième greenwashing ?


Gabriela Fechet pour Unsplash

C’est quoi exactement le coton bio, comment ça fonctionne

Le coton c’est de la laine végétale! On fait pousser la plante on la fait sécher, on l’égraine et ensuite on sépare les fibres pour en faire un ruban et quelques étapes plus tard ça devient du fil. Ce sera ce fil qui sera utilisé pour faire les vêtements en coton. 

Quand on dit “bio” ça veut généralement dire que la plante n’intègre aucun produit chimique durant tout son processus de floraison et transformation.

C’est donc un très bon début car grâce à cela la terre est en meilleure santé, elle nécessite moins d’eau et les cultivateurs seront moins exposés à des produits toxiques.

Les vrais dessous du coton bio et les conséquences 

Un des premiers problèmes se pose avec les frais de certifications et les formulaires complexes à remplir qui ne permettent qu’aux pays développés de produire du coton bio labellisé. 

Un autre problème du label bio, c’est qu’il ne s’intéresse qu’au fil de coton. Le produit rentre ensuite bien souvent dans le circuit classique, avec notamment la teinture qui utilise des produits chimiques bien plus polluants que les pesticides. 

Au niveau sanitaire, ils provoquent de nombreux cancers de la peau chez ceux qui sont en contact direct (souvent des enfants) et provoquent des allergies graves jusqu’aux transporteurs et chez les consommateurs finaux. Au niveau environnemental, la teinture provoquerait  20% de la pollution des eaux dans le monde liée au lavage et au traitement des textiles. Cela entraîne notamment une perte de la biodiversité et une diminution de l’eau potable.  

Le fait que la majorité des marques produisent dans des pays du tiers monde, où la main d’œuvre est exploitée souvent dans des conditions d’insalubrité extrême. Combien de fois avons-nous entendu parlé de telle usine qui s’est effondrée provoquant la mort de milliers de personnes ?     

Enfin, un élément inévitable, l’expédition. Comme 70 % des vêtements vendus en France sont fabriqués en Asie du Sud-Est, il faut envoyer toutes les matières premières dans l’usine.. Ensuite les vêtements finaux sont envoyés dans les entrepôts de la marque (souvent à l’autre bout du monde) qui se chargeront ensuite de les distribuer chez les boutiques ou clients. Un vêtement fait en moyenne 65 000 km soit 1 fois et demi le tour de la terre avant d’atterrir chez nous. 

Les alternatives 

Rien de révolutionnaire, acheter moins de vêtements neufs et privilégier des marques de qualité et qui produisent localement où il est possible de suivre toutes les étapes de fabrications et les matières utilisées de bout en bout. Bonne nouvelle: c’est de plus en plus courant , et de nombreuses marques déploient une certaine  transparence. 

Et bien sûr, mon option préférée: réutiliser ce qui existe déjà et qui a été produit il y a plusieurs dizaine d’années lorsque les conditions de fabrication étaient moins polluantes. Cela peut être du vintage ou du upcycling selon vos préférences. Et pourquoi pas un peu de tout 🙂 

Si vous voulez en savoir plus sur l’envers du décors de la mode, je vous conseille deux livres fondamentaux de mon apprentissage : “le livre noir de la mode” de Audrey Millet et “Voyage au pays du Coton” de Erik Orsenna !

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